mercredi 15 juillet 2009

des nouvelles de Ngara

La vie à Ngara
Ngara, 3 juillet 09
Chers soeurs, frères et ami(e)s,
Au moment où je vous rejoins, c’est l’été pour plusieurs d’entre vous. Ici, théoriquement, c’est l’hiver..... Tous les jours un temps frais et un beau soleil : c’est la saison sèche. Comme nous, de Ngara, sommes à une haute altitude, nous sommes visitées chaque jour par le vent des montagnes, vent pur et frais. C’est aussi le temps des récoltes.
Justement, j’avais le goût de partager avec vous quelques fruits de notre jardin. La famille Nazareth est de plus en plus une famille où l’on s’aime, où l’on se chicane, où l’on se pardonne, où l’on s’entr’aide.... Les moments de grosses violences sont à peu près disparus. Que s’est-il passé?
Dernièrement, en allant au champ, des disciples disaient : « Ceux qui ont été baptisés, ils ont changé, comme Stasi, par exemple, il est plus sérieux, et Masumbuko, moins bougonneux et moins boudeur. Et puis, Seba, il n’est même pas encore baptisé, mais depuis qu’il a commencé les catéchèses en vue du baptême, il est beaucoup moins violent..... » Et Juma, je vous raconte : Très habile avec ses mains, il s’est fait un beau camion, avec une grande boîte pour transport. Il roule avec tous les jours, et a la fierté qu’il soit toujours très propre. De plus, il est moderne et économique, sans besoin de carburant polluant. Une extension du volant permet à la fois, de diriger et pousser le camion! Un jour, par négligence, Emmanuel a un accident et endomage sérieusement le camion de Juma. Celui-ci entre en colère, mais se contenant, il lui dit : « Tu trouveras les matériaux et tu reconstruiras mon camion! » Ensuite, pour libérer sa colère, il va raconter à Nicole, puis à Devota ce qui s’est passé. Devota lui dit : « Il te faudra de la patience, car il ne trouvera pas les matériaux en quelques jours » Juma lui répond aussitôt : « La miséricorde, ça appartient à Dieu, alors il comprend que je sois en colère. Mais avant, j’aurais frappé, battu Emmanuel, et là, je lui ai simplement dit qu’il devait trouver les matériaux et refaire mon camion. » De Juma, c’est héroique. Quel miracle de transformation! Vraiment, nous constatons que le choix du baptême par 8 de nos plus grands, a été un réel facteur de progrès dans les relations entre les disciples. Voilà un bon fruit à savourer!
Un effort commencé depuis plus d’une année, et qui s’intensifie et se concrétise de plus en plus, c’est de tisser de nouveaux liens avec la famille; soit le père, ou la mère, ou l’un des grands parents, ou autre, selon les possibilités. Souvent, l’enfant a été accompagné par l’une des soeurs pour reprendre le premier contact. Puis, une petite visite en fin de semaine; puis, un temps un peu plus long aux vacances de Noel, toujours au rythme de chacun. Actuellement,durant les vacances, 23 sur 29 ont pris un temps de rencontre avec un membre ou l’autre de la famille, temps variant entre une demi-journée et un mois, selon la possibilité de chacun. Ce « renouement familial » apporte un grand bien tant du côté des familles que du côté des jeunes. Que d’agressivités et de rancoeurs s’évanouissent! C’est la découverte mutuelle de visages qui se sont embellis. Des phrases comme : « mon enfant a changé », « mon père était content de me voir » etc. Ce lien qui se tisse contribue aussi à améliorer les relations qui deviennent plus fraternelles, plus paisibles dans la famille de Nazareth. Fruit de grande saveur!
A son retour de Mwanza, Nicole a rapporté une méthode de lecture qu’elle a rencontré et expérimenté là-bas. Très motivée, elle a tout de suite commencé à utiliser cette méthode avec 7 jeunes, qui, à cause de certains blocages n’arrivaient pas du tout à lire, même pas à distinguer les voyelles. Chaque jour, elle prend chacun individuellement, soit avant, soit après la classe, pour lui apprendre à lire.... gros travail! Les enfants aussi sont très motivés, car eux qui avaient la certitude de ne jamais savoir lire, savent maintenant lire des phrases, en comprenant ce qu’ils lisent; est-ce assez merveilleux? Ils sont devenus « quelqu’un »; ils sont fiers d’eux-mêmes, et n’ont plus besoin de faire autant de sottises pour montrer qu’ils existent. Ils ont d’autres intérêts que de se faire remarquer. Bien sûr que cela crée une certaine harmonie intérieure qui rejaillit sur le groupe. Quel bon fruit à déguster!
Voilà quelques fruits de notre jardin! Merci à vous tous qui nous soutenez d’une façon ou d’une autre!
Maintenant, quelques petites nouvelles brèves :
Mafanikio est entré dans une chorale de la paroisse. Il se rend régulièrement aux pratiques, que ce soit pour chanter à la messe du dimanche, ou pour présenter un petit spectacle.
Stasi et Baraka ont été sélectionné à l’école pour faire partie d’une équipe de compétition au « foot » (soccer). Ils en étaient très fiers. Les entraînements se faisaient très loin du Centre. Après les classes, ils mangeaient en vitesse, et partaient ensuite à la course pour s’y rendre. Après un certain temps, ils ont décidé que c’était trop... Toutefois, le fait d’avoir été choisi demeure un « plus » pour eux.
Mayanja a le coeur touché en observant chaque jour Jeannine qui nettoie et désinfecte avec attention la plaie de Baruani, et lui refait un nouveau pansement. Il déclare : « Tu nous aimes sûrement beaucoup pour pouvoir faire cela chaque matin; quand tu seras malade, je te soignerai moi aussi. »
Zubali entretien le jardin avec grand soin. Actuellement les choux sont magnifiques et sont mangés avec appétit; avant c’étaient les carottes et les légumes verts. Avec le fumier des vaches, la terre devient productive.
Quant à Baruani et Mafanikio leur intérêt est surtout pour les fleurs : nous en avons beaucoup, et de différentes variétés sur le terrain. Cela éveille tous les autres à s’arrêter et admirer les fleurs. Ça adoucit les moeurs...
Dimanche, le 5, nous aurons la joie d’accueiller Tamara, une petite nièce qui désire prendre ses vacances pour venir nous aider au Centre. Bienvenue Tamara! Nous te souhaitons un très heureux séjour!
Nous espérons déménager dans notre maison vers la fin juillet. Nous serons alors très proches des enfants. Sûrement qu’il y aura des avantages et des inconvénients. Mais ce sera bon d’être chez nous, avec un peu plus d’espace, et plus de commodité que dans le loyer actuel.
Avec toute notre amitié, nous trois de Ngara, par Yvette