mercredi 14 octobre 2009

Des nouvelles de Ngara

Ngara, 22 sept. 09

Quelques nouvelles de chez nous.

Chers soeurs, frères, et ami(e)s,

Déjà un bon moment où nous n’avons pas donné de nouvelles... et que d’événements depuis! Evénements pour nous, événements qui ont influencé le vécu des enfants....

D’abord en juillet, arrivée de Tamara, une nièce du Québec qui a pris ses vacances au travail pour faire un voyage humanitaire en venant aider au Centre Nazareth pendant 3 semaines. L’absence de connaissance de la langue ne l’empêche pas de communiquer avec les enfants, de travailler avec eux, de jouer avec eux.... Le petit dictionnaire à la main et le dynamisme de sa jeunesse l’aide à créer rapidement des liens. Nos jeunes goûtent réellement sa présence, et aimeraient bien qu’elle puisse prolonger son séjour. Quelques jours après son départ, alors qu’un avion sillonnait le ciel, grandes exclamations de joie : « c’est Tamara qui revient!!! »

Puis arrive Jacqueline, une cousine, jeune retraitée, faisant aussi un voyage humanitaire en désirant venir nous aider. Quelle providence ! Nous sommes « dans le jus », comme on dit ! Nous préparons le déménagement dans notre nouvelle maison à proximité du Centre. Jacqueline expérimente tous les travaux selon les besoins. Raccommodage du linge des enfants cumulé depuis qques semaines, confection de rideaux pour la nouvelle demeure, préparation de repas sur le brasero, ménage, etc. Elle se paie même le plaisir d’aller cultiver avec les enfants :travail dur pour qui n’est pas entraîné ! Elle apporte partout son humour et sa joie!

Nous concrétisons aussi le déménagement. N’imaginez pas un déménagement qui se fait en quelques heures, mais plutôt en plusieurs semaines. C’est que tout se déménage ou bien à pied,(les meubles), ou bien avec la charrette qu’on utilise pour faire le marché, ou l’auto. Et cela à travers l’horaire habituel... donc un voyage ou deux par jour. Pour un bon temps, nous nous cherchons un peu; nous sommes à deux places à la fois. Mais nous y sommes dans notre nouvelle maison depuis le 3 septembre, même si la construction n’est pas terminée et que les ouvriers sont encore au travail.

Le 16 août, arrivent pour 5 semaines Marie Jeanne et Aldegonde, 2 jeunes congolaises venues nous aider avant leur entrée au noviciat. Nous sommes vraiment gâtées et les enfants aussi! Comme elles connaissent la langue et qu’elles sont pleines d’élan, elles s’intègrent rapidement autant à la communauté qu’auprès de nos jeunes. De plus, avec l’arrivée de Salomé, jeune religieuse rwandaise, qui vient demeurer avec nous depuis le début septembre, elles relèvent le défi de prendre, à elles 3, la responsabilité du Centre pendant 2 semaines, alors que Nicole et Devota s’absentent pour un peu de repos et la retraite.

Les enfants sont en petite vacance; donc toute la journée est à organiser avec des moments de détente et des temps de travail. À 3 , elles peuvent faire des groupes différents selon les âges et les besoins : Transporter du fumier dans le champs, lessiver, jouer au foot(soccer), cultiver, dégager la terre où les hommes travaillent, jouer au ballon volant, etc......

Marie Jeanne et Aldegonde réalisent aussi leur projet d’offrir aux enfants une formation à ceux qui désirent devenir des « Bâtisseurs de Paix. »

Lors de leur départ, les jeunes du Centre organisent eux-mêmes une fête pour exprimer leur reconnaissance, et dire aurevoir avec des invitations de « Revenez encore »! Nombreuses danses, chants composés pour la circonstance, mots de remerciements, etc.

Je voudrais aussi vous partager l’histoire de Toyi, notre dernier arrivé. Jeune d’environ 14 ans, il est conduit au Centre à vélo parce qu’il ne peut plus marcher. Ses pieds, ses orteilles et ses mains sont « à chair vive ». Il est mangé par les chiques. Les chiques sont de miniscules insectes noirs, semblables à une simple écharde. Ça se tient dans la poussière surtout en saison sèche. Ça pénètre souvent d’abord entre les orteilles et autour des ongles, où la peau est plus fragile. Très difficille et souvent impossible d’enlever soi-même. Si on ne les enlève pas, ça pond des oeufs assez rapidement, et ça se multiplie, se multiiplie.....

Plus une chique est là depuis longtemps, plus elle a pénétré et est devenue plus difficile à enlever. Pauvre Toyi! Quelle souffrance pour enlever toutes ces chiques! Et tous les oeufs qui ne sont pas éclos. Et ensuite vient l’étape de désinfection et de guérison. Ce sera long, il est tellement meurtri!

Chaque matin, avec amour et persévérance, Nicole lave, désinfecte, applique une pomade... Et toute la journée, Toyi demeure assis. Il regarde, observe, fait connaissance avec quelques jeunes qui s’approchent pour parler avec lui. Il ne se plaint pas et n’est pas non plus joyeux. Ses grands yeux attirent la sympathie. Durant deux semaines on ne voit guère de progrès dans la guérison; on s’inquiète un peu.... Mais sans doute que ça guérissait par l’intérieur, car les progrès ont ensuite été rapides.

Un jour, Toyi commence à se promener un peu; puis, il va jouer au foot(soccer).... Il n’est plus le même garçon, il est rayonnant de joie! Sa démarche n’est pas encore totalement libérée, mais ça vient graduellement. Il est maintenant scolarisé, il chante, il danse, il rit... et participe activement aux activités de la famille. Avec d’autres, il a suivi les 30 hres de formation « Bâtisseurs de Paix » donnée par Marie Jeanne et Aldegonde.

Nul besoin de vous dire qu’il y a du mouvement.... les problèmes et les joies sont au rendez vous tous les jours; pas moyen de s’ennuyer! Je pense que ça garde en forme!

Nous commençons la saison de pluies en union avec vous qui entrez dans l’automne... Bonne route à chacun(e),

De nous quatre, de Ngara, par Yvette

lundi 14 septembre 2009

centre Nazareti: Mon blogue en art visuel.

Aller sur Google et ecrire Noel-Ange Coderre

citation

''Un coeur n'est juste que s'il bat au rythme des autres.''

vendredi 11 septembre 2009

Citation

La ou il y a de l'amour il ne fait jamais nuit.(proverbe africain)

samedi 22 août 2009

Bonne fin d'été

J'ai toujours des cartes à vendre alors n'hésitez pas de communiquer avec moi.
coderrena@sympatico.ca

mercredi 15 juillet 2009

des nouvelles de Ngara

La vie à Ngara
Ngara, 3 juillet 09
Chers soeurs, frères et ami(e)s,
Au moment où je vous rejoins, c’est l’été pour plusieurs d’entre vous. Ici, théoriquement, c’est l’hiver..... Tous les jours un temps frais et un beau soleil : c’est la saison sèche. Comme nous, de Ngara, sommes à une haute altitude, nous sommes visitées chaque jour par le vent des montagnes, vent pur et frais. C’est aussi le temps des récoltes.
Justement, j’avais le goût de partager avec vous quelques fruits de notre jardin. La famille Nazareth est de plus en plus une famille où l’on s’aime, où l’on se chicane, où l’on se pardonne, où l’on s’entr’aide.... Les moments de grosses violences sont à peu près disparus. Que s’est-il passé?
Dernièrement, en allant au champ, des disciples disaient : « Ceux qui ont été baptisés, ils ont changé, comme Stasi, par exemple, il est plus sérieux, et Masumbuko, moins bougonneux et moins boudeur. Et puis, Seba, il n’est même pas encore baptisé, mais depuis qu’il a commencé les catéchèses en vue du baptême, il est beaucoup moins violent..... » Et Juma, je vous raconte : Très habile avec ses mains, il s’est fait un beau camion, avec une grande boîte pour transport. Il roule avec tous les jours, et a la fierté qu’il soit toujours très propre. De plus, il est moderne et économique, sans besoin de carburant polluant. Une extension du volant permet à la fois, de diriger et pousser le camion! Un jour, par négligence, Emmanuel a un accident et endomage sérieusement le camion de Juma. Celui-ci entre en colère, mais se contenant, il lui dit : « Tu trouveras les matériaux et tu reconstruiras mon camion! » Ensuite, pour libérer sa colère, il va raconter à Nicole, puis à Devota ce qui s’est passé. Devota lui dit : « Il te faudra de la patience, car il ne trouvera pas les matériaux en quelques jours » Juma lui répond aussitôt : « La miséricorde, ça appartient à Dieu, alors il comprend que je sois en colère. Mais avant, j’aurais frappé, battu Emmanuel, et là, je lui ai simplement dit qu’il devait trouver les matériaux et refaire mon camion. » De Juma, c’est héroique. Quel miracle de transformation! Vraiment, nous constatons que le choix du baptême par 8 de nos plus grands, a été un réel facteur de progrès dans les relations entre les disciples. Voilà un bon fruit à savourer!
Un effort commencé depuis plus d’une année, et qui s’intensifie et se concrétise de plus en plus, c’est de tisser de nouveaux liens avec la famille; soit le père, ou la mère, ou l’un des grands parents, ou autre, selon les possibilités. Souvent, l’enfant a été accompagné par l’une des soeurs pour reprendre le premier contact. Puis, une petite visite en fin de semaine; puis, un temps un peu plus long aux vacances de Noel, toujours au rythme de chacun. Actuellement,durant les vacances, 23 sur 29 ont pris un temps de rencontre avec un membre ou l’autre de la famille, temps variant entre une demi-journée et un mois, selon la possibilité de chacun. Ce « renouement familial » apporte un grand bien tant du côté des familles que du côté des jeunes. Que d’agressivités et de rancoeurs s’évanouissent! C’est la découverte mutuelle de visages qui se sont embellis. Des phrases comme : « mon enfant a changé », « mon père était content de me voir » etc. Ce lien qui se tisse contribue aussi à améliorer les relations qui deviennent plus fraternelles, plus paisibles dans la famille de Nazareth. Fruit de grande saveur!
A son retour de Mwanza, Nicole a rapporté une méthode de lecture qu’elle a rencontré et expérimenté là-bas. Très motivée, elle a tout de suite commencé à utiliser cette méthode avec 7 jeunes, qui, à cause de certains blocages n’arrivaient pas du tout à lire, même pas à distinguer les voyelles. Chaque jour, elle prend chacun individuellement, soit avant, soit après la classe, pour lui apprendre à lire.... gros travail! Les enfants aussi sont très motivés, car eux qui avaient la certitude de ne jamais savoir lire, savent maintenant lire des phrases, en comprenant ce qu’ils lisent; est-ce assez merveilleux? Ils sont devenus « quelqu’un »; ils sont fiers d’eux-mêmes, et n’ont plus besoin de faire autant de sottises pour montrer qu’ils existent. Ils ont d’autres intérêts que de se faire remarquer. Bien sûr que cela crée une certaine harmonie intérieure qui rejaillit sur le groupe. Quel bon fruit à déguster!
Voilà quelques fruits de notre jardin! Merci à vous tous qui nous soutenez d’une façon ou d’une autre!
Maintenant, quelques petites nouvelles brèves :
Mafanikio est entré dans une chorale de la paroisse. Il se rend régulièrement aux pratiques, que ce soit pour chanter à la messe du dimanche, ou pour présenter un petit spectacle.
Stasi et Baraka ont été sélectionné à l’école pour faire partie d’une équipe de compétition au « foot » (soccer). Ils en étaient très fiers. Les entraînements se faisaient très loin du Centre. Après les classes, ils mangeaient en vitesse, et partaient ensuite à la course pour s’y rendre. Après un certain temps, ils ont décidé que c’était trop... Toutefois, le fait d’avoir été choisi demeure un « plus » pour eux.
Mayanja a le coeur touché en observant chaque jour Jeannine qui nettoie et désinfecte avec attention la plaie de Baruani, et lui refait un nouveau pansement. Il déclare : « Tu nous aimes sûrement beaucoup pour pouvoir faire cela chaque matin; quand tu seras malade, je te soignerai moi aussi. »
Zubali entretien le jardin avec grand soin. Actuellement les choux sont magnifiques et sont mangés avec appétit; avant c’étaient les carottes et les légumes verts. Avec le fumier des vaches, la terre devient productive.
Quant à Baruani et Mafanikio leur intérêt est surtout pour les fleurs : nous en avons beaucoup, et de différentes variétés sur le terrain. Cela éveille tous les autres à s’arrêter et admirer les fleurs. Ça adoucit les moeurs...
Dimanche, le 5, nous aurons la joie d’accueiller Tamara, une petite nièce qui désire prendre ses vacances pour venir nous aider au Centre. Bienvenue Tamara! Nous te souhaitons un très heureux séjour!
Nous espérons déménager dans notre maison vers la fin juillet. Nous serons alors très proches des enfants. Sûrement qu’il y aura des avantages et des inconvénients. Mais ce sera bon d’être chez nous, avec un peu plus d’espace, et plus de commodité que dans le loyer actuel.
Avec toute notre amitié, nous trois de Ngara, par Yvette

samedi 4 juillet 2009

art visuel coderre: Bienvenue sur mon blog visuel

art visuel coderre: Bienvenue sur mon blog visuel