Quelques nouvelles de chez nous.
Chers soeurs, frères, et ami(e)s,
Déjà un bon moment où nous n’avons pas donné de nouvelles... et que d’événements depuis! Evénements pour nous, événements qui ont influencé le vécu des enfants....
D’abord en juillet, arrivée de Tamara, une nièce du Québec qui a pris ses vacances au travail pour faire un voyage humanitaire en venant aider au Centre Nazareth pendant 3 semaines. L’absence de connaissance de la langue ne l’empêche pas de communiquer avec les enfants, de travailler avec eux, de jouer avec eux.... Le petit dictionnaire à la main et le dynamisme de sa jeunesse l’aide à créer rapidement des liens. Nos jeunes goûtent réellement sa présence, et aimeraient bien qu’elle puisse prolonger son séjour. Quelques jours après son départ, alors qu’un avion sillonnait le ciel, grandes exclamations de joie : « c’est Tamara qui revient!!! »
Puis arrive Jacqueline, une cousine, jeune retraitée, faisant aussi un voyage humanitaire en désirant venir nous aider. Quelle providence ! Nous sommes « dans le jus », comme on dit ! Nous préparons le déménagement dans notre nouvelle maison à proximité du Centre. Jacqueline expérimente tous les travaux selon les besoins. Raccommodage du linge des enfants cumulé depuis qques semaines, confection de rideaux pour la nouvelle demeure, préparation de repas sur le brasero, ménage, etc. Elle se paie même le plaisir d’aller cultiver avec les enfants :travail dur pour qui n’est pas entraîné ! Elle apporte partout son humour et sa joie!
Nous concrétisons aussi le déménagement. N’imaginez pas un déménagement qui se fait en quelques heures, mais plutôt en plusieurs semaines. C’est que tout se déménage ou bien à pied,(les meubles), ou bien avec la charrette qu’on utilise pour faire le marché, ou l’auto. Et cela à travers l’horaire habituel... donc un voyage ou deux par jour. Pour un bon temps, nous nous cherchons un peu; nous sommes à deux places à la fois. Mais nous y sommes dans notre nouvelle maison depuis le 3 septembre, même si la construction n’est pas terminée et que les ouvriers sont encore au travail.
Le 16 août, arrivent pour 5 semaines Marie Jeanne et Aldegonde, 2 jeunes congolaises venues nous aider avant leur entrée au noviciat. Nous sommes vraiment gâtées et les enfants aussi! Comme elles connaissent la langue et qu’elles sont pleines d’élan, elles s’intègrent rapidement autant à la communauté qu’auprès de nos jeunes. De plus, avec l’arrivée de Salomé, jeune religieuse rwandaise, qui vient demeurer avec nous depuis le début septembre, elles relèvent le défi de prendre, à elles 3, la responsabilité du Centre pendant 2 semaines, alors que Nicole et Devota s’absentent pour un peu de repos et la retraite.
Les enfants sont en petite vacance; donc toute la journée est à organiser avec des moments de détente et des temps de travail. À 3 , elles peuvent faire des groupes différents selon les âges et les besoins : Transporter du fumier dans le champs, lessiver, jouer au foot(soccer), cultiver, dégager la terre où les hommes travaillent, jouer au ballon volant, etc......
Marie Jeanne et Aldegonde réalisent aussi leur projet d’offrir aux enfants une formation à ceux qui désirent devenir des « Bâtisseurs de Paix. »
Lors de leur départ, les jeunes du Centre organisent eux-mêmes une fête pour exprimer leur reconnaissance, et dire aurevoir avec des invitations de « Revenez encore »! Nombreuses danses, chants composés pour la circonstance, mots de remerciements, etc.
Je voudrais aussi vous partager l’histoire de Toyi, notre dernier arrivé. Jeune d’environ 14 ans, il est conduit au Centre à vélo parce qu’il ne peut plus marcher. Ses pieds, ses orteilles et ses mains sont « à chair vive ». Il est mangé par les chiques. Les chiques sont de miniscules insectes noirs, semblables à une simple écharde. Ça se tient dans la poussière surtout en saison sèche. Ça pénètre souvent d’abord entre les orteilles et autour des ongles, où la peau est plus fragile. Très difficille et souvent impossible d’enlever soi-même. Si on ne les enlève pas, ça pond des oeufs assez rapidement, et ça se multiplie, se multiiplie.....
Plus une chique est là depuis longtemps, plus elle a pénétré et est devenue plus difficile à enlever. Pauvre Toyi! Quelle souffrance pour enlever toutes ces chiques! Et tous les oeufs qui ne sont pas éclos. Et ensuite vient l’étape de désinfection et de guérison. Ce sera long, il est tellement meurtri!
Chaque matin, avec amour et persévérance, Nicole lave, désinfecte, applique une pomade... Et toute la journée, Toyi demeure assis. Il regarde, observe, fait connaissance avec quelques jeunes qui s’approchent pour parler avec lui. Il ne se plaint pas et n’est pas non plus joyeux. Ses grands yeux attirent la sympathie. Durant deux semaines on ne voit guère de progrès dans la guérison; on s’inquiète un peu.... Mais sans doute que ça guérissait par l’intérieur, car les progrès ont ensuite été rapides.
Un jour, Toyi commence à se promener un peu; puis, il va jouer au foot(soccer).... Il n’est plus le même garçon, il est rayonnant de joie! Sa démarche n’est pas encore totalement libérée, mais ça vient graduellement. Il est maintenant scolarisé, il chante, il danse, il rit... et participe activement aux activités de la famille. Avec d’autres, il a suivi les 30 hres de formation « Bâtisseurs de Paix » donnée par Marie Jeanne et Aldegonde.
Nul besoin de vous dire qu’il y a du mouvement.... les problèmes et les joies sont au rendez vous tous les jours; pas moyen de s’ennuyer! Je pense que ça garde en forme!
Nous commençons la saison de pluies en union avec vous qui entrez dans l’automne... Bonne route à chacun(e),
De nous quatre, de Ngara, par Yvette
